« Je suis leader »… Une histoire transformationnelle


Être leader, devenir manager-leader, ne plus gérer à l’ancienne, prendre le lead, développer et asseoir notre leadership… On suit Peter Drucker sur le management effectif, on pirate le management avec Gary Hamel, on réinvente les organisations avec Frederic Laloux, on libère les potentiels humains avec Isaac Getz, Laurence Vanhee, on s’inspire des pratiques artistiques, militaires, sportives (arts martiaux, basket, danse, rugby,…) Et cætera, etc.

S’agit-il simplement de dépoussiérer les organisations pyramidales en simplifiant quelques processus organisationnels (sans revoir les circuits décisionnels), redorer le blason des autorités classiques en organisant des consultations publiques, maquiller d’anciennes figures managériales en les formant à la communication assertive ?

Non. Le besoin d’amélioration est profond. Trois constats :

1 – De nouvelles formes de pouvoir, décorrélées de toute considération statutaire, émergent en tous domaines, tous lieux ;

2 – L’autorité, si elle ne combine pas légitimité et crédibilité, est plus facilement remise en cause.

3 – Dans un monde VUCA (Volatility, Uncertainty, Complexity, Ambiguity), on mise sur l’intelligence collective ; il s’agit de la développer, la stimuler, l’orchestrer.

A LIRE pour mieux comprendre la problématique contemporaine, ce cahier de prospective (analyse en profondeur) sur le leadership et les  nouvelles expressions de pouvoir à l’ère numérique, issus d’ateliers de travail entre experts, chercheurs, entrepreneurs, salariés de grandes entreprises. Sous la direction de Carine Dartiguepeyrou.

Tous leaders ?

 

Étymologiquement, le leader est celui qui franchit le seuil… Le seuil de la connaissance et de la sagesse, si l’on vogue vers le meilleur :-)

On admet aussi la définition du leader selon les 3 C : Cœur, Cerveau, Courage, traduction française de « Lead with your head, heart and hands… With the heart at the right place », ajoutent les malicieux…

Leadership rime souvent avec innovation… Mais aussi communication et transmission ; il s’agit de développer savoir, savoir-être, savoir-faire et faire savoir.

Concrètement, le leadership revêt plusieurs formes, styles, selon les personnes / les personnalités, les contextes (famille, entreprise, politique, projet Y, sport,…), les temps (1654, 1990, 2015,…) et les lieux. C’est une notion et une posture circulaire, fluide, potentiellement endossable par tou-te-s. Nous sommes d’ailleurs  invités à être leaders de nous-mêmes, « CEO of our life »… Des adultes conscients et responsables.

Même si certain(e)s persistent à s’auto-proclamer leaders de tel groupe ou sur tel sujet, il est clair que le leadership s’impose seulement comme une évidence. Pas d’auto-proclamation. Soft power.

Hors star-system à la Beyoncé, celles et ceux qui suivent un(e) leader adhèrent à une vision stratégique plus qu’à une personnalité : elles / ils avancent en cadence dans le même sens, chacun à son rythme et dans son domaine d’expertise, de responsabilité. Conscients, libres et éclairés, ils peuvent influer sur la stratégie, par leurs idées et leurs actions ; ils peuvent aussi décider de changer de direction…

Blue Ocean Leadership

From Blue Ocean Strategy to Blue Ocean Leadership

Le leadership, une voie  d’exigence et  d’excellence. Transformation managériale en cours.

 

Le leadership des équipes s’epanouit dans un environnement professionnel valorisant un management collaboratif ou coopératif étendu, dont les 4 piliers sont : confiance, choix, coopération et convivialité. Les managers sont donc invités à désapprendre les méthodes de gestion classiques (même le management collaboratif des années 90), à se transformer, à s’imprégner d’une nouvelle culture managériale, être plus positifs, développer leur leadership… Et celui de leurs équipes.

Le site web management post-moderne fournit aux managers quelques clés pour (ré-)orienter  leurs pratiques, lâcher-prise en s’assurant d’avoir un filet. Exemples avec ces articles, « Chef, digitalise-moi » et « Six parfums de leadership« . A voir aussi, l’émission du Forum Changer d’Ère « Le manager augmenté : nouvelle société de l’emploi, nouvelles stratégies d’entreprises« … Bienvenue dans un nouveau monde !

Pour certain-e-s, une image vaut 1000 discours, alors voici une illustration de l’affirmation Le leader n’est pas « bossy ».

Leader sachant, aidant

Leader sachant, aidant. Servant leadership.

A l’écoute des autres, le leader aide ses pairs à gravir la montagne, dans une optique de co-leadership. Cette image est assez claire sur le rôle du leader, tant actif qu’altruiste ; la position n’est pas de tout repos et peu compatible avec un ego surdimensionné ; l’ego qui vaut estime personnelle et confiance en soi reste nécessaire. Mieux vaut entretenir en permanence sa santé physique et mentale ! Humilité requise, intégrée de facto. On remarque aussi que, dans cette position, il lui est difficile de « surveiller ses arrières » : environnement de confiance hautement souhaitable !

Cette dynamique servicielle est bien exprimée par l’Amiral Olivier Lajous, Président du Club DeciDRH  « Chaque être humain est un trésor… Plus on est haut placé, plus on est au service de la mission, des équipes… Plus on va être celui qui va permettre de libérer les énergies » Université Hommes Entreprises 2015

 

Les notions de co-leadership, de leader-acteur (maker) & développeur de talents se retrouvent dans la stratégie Blue Ocean Leadership. L’idée est de libérer le potentiel humain des entreprises pour mieux relever les défis business.

Accorder le leadership au féminin

 

Impossible de rédiger un article sur le leadership sans évoquer le leadership féminin, à développer pour permettre une équité femmes-hommes à tous niveaux de responsabilité, dans toutes sphères sociétales. A lire pour analyse et regard critique, le livre de Réjane Senac, « L’égalité sous conditions ».

Dans la culture business, certains conseils d’experts es leadership féminin me laissent dubitatives. Que penser de coachs qui nous exhortent à être moins appliquées dans notre travail, moins studieuses, et plus habiles en personal branding, armées d’un elevator pitch à dégainer dès que l’on rencontre un VIP ? Est-ce bien sérieux de prodiguer de tels conseils à l’heure où l’on construit la société de la connaissance et de la coopération ? On retrouve souvent les mêmes mots-clés dans ces résumés de carrière et ambitions… Au final, l’écoute est un peu ennuyeuse, et à la 10ème rencontre de « super-pitchers », on rêve de parler météo. Idem pour le xième résumé LinkedIn insipide. Quid de notre authenticité, notre spontanéité, notre singularité ?

Ne vaut-il pas mieux miser sur l’intelligence et ses multiples facettes ? C’est heureusement la tendance raisonnable qui se développe : se connaître soi-même, se valoriser en toute authenticité… Et développer nos connaissances, nos talents, nos compétences (y compris celle de communiquer sur soi-même) ! Démarche d’amélioration continue.

Entre autres lectures web, à la recherche d’une femme spécialisée es leadership (critères discriminants…), j’ai passé quelques instants sur le site web de Lolly Daskal « dedicated to bringing Heart Based Leadership to organizations & individuals« . En parcourant ces pages sensibles, on comprend l’exigence du leadership, qui implique rigueur personnelle et apprentissages au long cours. On ressent aussi la nécessité de relier les cœurs des êtres humains… Everything personal :-)

On est loin du leadership (féminin) version cowboy… On ressent davantage une ferme bienveillance ; un leadership intelligent et sensible, ni désincarné, ni dogmatique. Personnellement, je préfère ! Et ça me semble plus adapté au monde actuel, à la construction d’une nouvelle éthique des relations humaines, une écologie des rapports humains en mode gagnant-gagnant.

D’autres le pensent aussi, et font la promotion d’un leadership avec un supplément d’âme féminin, à l’instar de ce tweet #HeForShe de Fouad El Hajjam. Merci à lui !

En cure de jouvence, des opus littérature jeunesse sur les qualités d’une « saine autorité »

 

La série des rois et reines, éditions Gallimard Jeunesse : de la reine RoseRose au roi BoumBoum, chacun son talent ! Les points forts sont portés à leur paroxysme… Au-delà du raisonnable ?

L’Afrique de Zigomar, ou comment se retrouver au Pôle Nord quand on souhaite aller en Afrique. Mise en scène du douteux mix autoritarisme et incompétence… Problème : le chefaillon a la maîtrise de l’outil. Album  intéressant pour la richesse du vocabulaire, la découverte du monde, les caractères des personnages. Beaucoup d’humour.

L'Afrique de Zigomar, Philippe Corentin, éditions école des loisirs

L’Afrique de Zigomar, Philippe Corentin, éditions école des loisirs

Le Prince Kangor, où l’on suit le cheminement d’un prince qui devient roi, reconnu par le peuple dont il a pris soin. Très beau parcours initiatique.

Le Prince Kangor, Catherine LeBlanc

Le Prince Kangor, Catherine LeBlanc

Enfin, les personnages mythologiques sont de grands classiques, toujours inspirants… Murielle Szac nous propose ainsi « La mythologie grecque en cent épisodes« , éditions Bayard Jeunesse, où l’on peut suivre les feuilletons d’Hermes, Ulysse & Pénélope, et consorts. C’est passionnant. Vraiment. Tant pour les adultes que pour les enfants ! Comme la réalité est susceptible de dépasser la fiction, on peut aussi abonner les 8-12 ans au magazine des Histoires Vraies (Fleurus Presse) pour découvrir chaque mois, un « grand récit illustré sur un moment fort de l’Histoire ou sur un personnage qui a marqué son temps« . Exemplarité et crédibilité.

Finalement,

n’y a-t-il pas matière à réfléchir avant d’affirmer « moi je suis leader » ? avant de suivre la voie unique tracée par un(e) autre ? 

 

ou ne pas réfléchir une seconde, et proposer

 

SOYONS CO-LEADERS ; NOS DIFFÉRENCES SE COMPLÈTENT ET NOUS ENRICHISSENT

 

D’ailleurs, le mythe du leader unique tient-il encore ? 

 

 

 

2 thoughts on “« Je suis leader »… Une histoire transformationnelle

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