#Mouvement Des anges et des hommes, une vision theophanique du monde

Des anges et des hommes, Catherine Chalier

Des anges et des hommes, Catherine Chalier

« Dans notre société souvent sceptique et désabusée, les anges continuent de fasciner…  » Leurs apparitions, à des moments-clés de l’histoire biblique, ont fait l’objet d’analyses rationalistes, éthiques et mystiques… Alors que nous vivons des instants majeurs de l’histoire de l’humanité, Catherine Chalier nous offre, en 2007, une synthèse aussi rationnelle que possible.

Son écriture invite à questionner notre monde contemporain, notamment :

  • le refus du mystère, l’exigence de transparence, l’envie de tout dévoiler, de jeter l’opprobre à tout « secret, réserve ou retrait » ;
  • le désir d’immédiateté : à l’instar des technologies et des anges, les hommes sont-ils là pour « performer », « (se) zapper »  ? Les êtres humains ne seraient-il pas plutôt « ferments de patience, attente et secret espoir » ?
  • le pacifisme « angélique »… Qualifier un être humain d’ange ne signifie-t-il pas souvent qu’il est corvéable à merci ?
  • les philosophies « au-dessus de l’arène », zélotes fanatiques « Fils de Lumière contre Fils de Ténèbres »

Depuis 2007, les sciences et techniques se sont encore développées, les contextes géopolitiques diffèrent ; introduire la notion d’ange dans ces questionnements, ces évolutions du monde, paraît conceptuel, déconnecté du réel. Cette vision theophanique se révèle pourtant aussi intéressante que vivifiante… A l’opposé des fantômes qui hantent et déstabilisent, les anges sont définis comme  des « messagers d’entre les hommes, prophètes, facultés animales, forces physiques et psychiques qui animent le corps« … ou encore « la part du psychisme humain non contaminé (…) qui relie à une promesse de vie que nul ne peut se donner à soi-même car elle est toujours à recevoir« …

… Ce postulat de « vie toujours à recevoir », et non pas acquise (telle un dû), appelle l’homme à l’humilité : doué d’un potentiel immense, l’être humain est fragile. La vie est un miracle.

Sylvie Sarrasin, exposition "L'influence des anges"

Sylvie Sarrasin, peintre. Exposition « L’influence des anges »

Etres de mouvements, « souffles de tendresse violente et sobre« , les anges annoncent et guident sur la voie du Logos, invitent à l’espérance : refuser les enfermements & aveuglements tragiques,  et surmonter les peurs inhérentes  aux processus transformationnels…

Que l’on soit introverti ou extraverti, préserver son intimité et « dialoguer avec son ange », c’est entretenir un dialogue intérieur qui enjoint de choisir une vie sociale libre et responsable ; c’est cultiver un espace créateur de tous les possibles… Ne nous en privons pas. 

Merci à celui qui m’a conseillé ce livre…  De belles heures de lecture estivale en 2016.

#Education Leçons des pionniers de l’#EducationNouvelle 1918-1939

Merci à la Ligue de l’Enseignement pour la présentation de l’excellent documentaire « Révolution école (1918-1939)« , de Joanna Grudzinska assistée de Léa Todorov.

« C’est l’histoire d’une révolution de velours, celle de l’éducation. Au lendemain de la Première guerre mondiale, en Europe, des pédagogues désignent le coupable de la catastrophe : l’école, qui a fabriqué de « braves soldats ». Il faut construire la Paix. Comment éduquer la nouvelle génération sans surveiller et punir ? Comment éduquer à l’émancipation ? »

Ligue internationale pour l'éducation nouvelle

« Quand la guerre s’achève, l’éducation leur apparaît comme la seule possibilité révolutionnaire. »

Source : http://clioweb.canalblog.com/archives/2016/09/09/34299265.html

L’idée de ces radicaux éclairés est d' »inventer une éducation nouvelle pour un enfant nouveau qui ne fera plus jamais la guerre« . Sous l’impulsion d’Elisabeth Rotten & Beatrice Ensor, la « Ligue internationale pour l’éducation nouvelle » (LIEN), laboratoire d’expérimentation pédagogique, est fondée. À lire, la première « Revue pour l’ère nouvelle », revue internationale d’éducation nouvelle. Au sommaire : psychologie de l’enfant, biogénétique, joie dans l’éducation, école active, self government,… Des thèmes encore actuels. Ici, l’histoire mouvementée de la Ligue, nourrie de riches débats tels celui sur l’éducation naturelle. Notable fut l’intervention de Carl Gustav Jung lors du congrès pour l’Education Nouvelle de 1923, sur le thème « comment libérer l’énergie créatrice de l’enfant ?« . Dossier en anglais : New Education Fellowship

A NEW EDUCATION FOR A NEW ERA

Je me permets quelques lignes sur ces révolutionnaires, scientifiques, médecins… étudiants chercheurs et professeurs…

Adolphe Ferriere lance le mouvement international de rénovation pédagogique… École active ! Plus d’infos ici sur son œuvre, qui n’est « pas d’abord pédagogique mais plutôt une anthropologie doublée d’une philosophie sociale« . Inclus, le récit de son expérience de havre pédagogique, Le Home « Chez nous ».

Célestin Freinet veut permettre l’acquisition du savoir pour tous. En fait, de retour de la 1ère guerre mondiale avec le souffle coupé, il lui est impossible de faire cours sur estrade. Pragmatique, il décide de se promener avec sa classe, et en récolte les bienfaits. Plus tard, invité par la femme de Lénine, Freinet se rend en Union Soviétique & découvre les règles d’éducation définies pour l’idéal socialisme prolétarien : quelques heures de travail en usine et apprentissage en « self government ». « Ainsi il se formera une véritable élite ; or c’est d’une élite dont nous avons le plus besoin« . En comparaison avec le système français, il remarque : « nos étudiants vont à l’école non pas pour apprendre à vivre mais pour apprendre à étudier dans des livres, et obéir« .

La suite ? Après les guerres civiles, la Russie ouvre des colonies pour enfants des rues. Sous la houlette d’Anton Marenko, les méthodes éducatives deviennent autoritaires. Objectif : produire en masse la main d’œuvre nécessaire à la construction de l’URSS.

Quant à Freinet, il consomme sa rupture avec l’Education Nationale et ouvre une nouvelle école à St Paul de Vence, en 1937. L’un de ses crédos est le suivant : « Quand la peur est inexistante, le mensonge diminue et disparaît« . Quelques années plus tard, interné dans les camps de Vichy, il rédige ses textes pédagogiques fondamentaux… Ses idées font encore école (idées d’applications ici)

En Allemagne, Paul Geheeb prône la co-éducation des garçons et des filles, pré-requis à la fin de la suprématie masculine. La nudité est érigée en liberté « Être nu, c’est être libre »… Jardin d’Eden. Au fronton de son école Odenwald : « Deviens ce que tu es« … L’ordre, s’il doit exister, vient de l’enfant lui-même ; il abandonne la relation fondée sur le pouvoir ; c’est la fin de l’estrade, de la peur.

Malheureusement, l’enfance est le terrain d’expérience du nazisme ; son école est remaniée de force. Le 1er apprentissage dispensé devient le lancer de grenades, et des films violents où l’on voit les forts écraser les faibles, y sont projetés. Geheeb, désespéré, constate que ses élèves font volontiers partie des jeunesses hitleriennes… Avec l’aide de son ami A.Ferriere, il s’exile en Suisse où il fonde l‘Ecole d’Humanité. Regain.

Pour Janusz Korczak, la conséquence du nazisme fut la mort. Mais la puissance de son message subsiste. Premier défenseur des droits des enfants, fondateur de la « République des enfants« , Janusz Korczak dirigeait en Pologne deux écoles (juive / catholique) fonctionnant en autogestion, sur la base d’une charte commune écrite par ses soins. En 1942, il est conduit du ghetto de Varsovie (où il faisait classe « comme d’habitude ») au camp d’extermination de Treblinka. Il a refusé de fuir sans ses élèves. Plus d’informations sur son immense héritage ici

Si le salut vient, il viendra des enfants car ils sont les créateurs de l'humanité

Maria Montessori

En Italie, Maria Montessori initie ses jardins d’enfants, subventionnés par Mussolini jusqu’en 1934 (date de son refus de faire porter le costume fasciste à ses élèves) . Lors du congrès Education Nouvelle de Locarno (1927), elle plaide pour la nécessité des limites, le besoin des enfants d’obéir à des règles. Selon ses règles, chacun.e apprend à son rythme, en faisant. « Nous ne pouvons pas savoir les conséquences de l’étouffement d’un acte spontané… Il faut arrêter de confondre le bien avec l’immobilité et le mal avec l’activité« .

Alexander S Niell affirme quant à lui : « Je ne vois aucune vertu dans l’ordre ». Selon lui, les enfants les plus névrosés sont ceux qui ont grandi avec une éducation religieuse. Il décide donc de libérer les enfants de toute castration moralisatrice ; ils sont libres d’apprendre ou non. A la fin des années 30, il déplore les impossibles progrès tant que l’éducation est une branche de profit de la société.

Extrait du documentaire sur Vimeo:

 

ET AUJOURD’HUI EN FRANCE ?

Équité et excellence sont des notions encore peu vivaces, l’échec scolaire est souvent vu comme une fatalité… Bien coordonner mixités scolaire et sociale reste un objectif à atteindre. Cf. résultats enquête PISA (suivi des acquis). Réorienter l’éducation de nos enfants est une priorité, et nous ne manquons pas d’inspirations… Il est grand temps d’expirer à grande échelle ! L’Education Nationale ne fonctionne pas en huis clos… Une réforme française globale et profonde est en gestation ; tous les efforts de mobilisation citoyenne progressent en ce sens.

A new education for a new era

Charte Education Nouvelle, 1921

« Rendre l’enfant heureux, c’est faire de lui, plus tard, un homme meilleur »

Innovation managériale en famille… Liberté & responsabilité.

Le MOOC Innovation Managériale met en évidence le parallèle entre management / leadership en entreprise et en famille. Belles explorations… Merci !

Il est vrai que nous sommes, à quelques détails près, les mêmes personnes au bureau et à la maison… Et les mentalités évoluent globalement. Difficile de déterminer une norme familiale dans notre société en transformation, et une méthode éducative unique pour tous. L’heure est à l’adaptation, à l’innovation.

Intéressée par le thème, je me permets de reprendre ici quelques réponses, dont les miennes, au mini-défi 8 du MOOC : Management responsabilisant en famille.

Photographié par Anne Mardirossian (Flickr)

Photographié par Anne Mardirossian (Flickr)

« Management responsabilisant » en écho à la qualité de gestionnaire du chef de famille (mater ou pater familias) plus admise socialement que la notion de leader libérateur ou libératrice. Les sujets se rejoignent.

Inspirée par le MOOC, une mère a décidé d’exonérer sa fille de l’obligation d’apprendre ses poésies assise sur une chaise, face à la table. La petite a ainsi pu choisir son endroit idéal : allongée sur le tapis, puis assise sur son lit, debout face à la fenêtre… Résultat : poésie mémorisée avec plaisir et plus rapidement. Vertu du flexiwork…
La mère, en observant sa fille ainsi coincée sur sa chaise, s’est rappelée les longues heures de réunions où, « bloquée sur sa chaise », son pied s’agite et son esprit vogue vers d’autres cieux en s’impatientant… En reflet, sans attendre d’être elle aussi autorisée à vivre ses réunions autrement, elle n’impose plus cette fausse bienséance à sa fillette, tout à fait capable de choisir « comment » elle accomplit l’obligation de faire ses devoirs. Selon le baromètre 2016 Wisembly-IFOP, 42% des réunions sont improductives… Des solutions existent.
Un père raconte quant à lui un exercice d’auto-censure : rester sur le canapé tandis que sa fille peine à ouvrir une porte en râlant, et ainsi ne plus apparaître comme « celui qui sait mieux qu’elle ». Confiant, il l’encourage à distance « ce n’est pas une petite porte qui va résister à ma grande fille… » La fillette, surprise, cesse de râler et s’applique, se concentre sur la tâche à accomplir. Ça marche, la porte s’ouvre ! Deux sourires vainqueurs s’affichent sur les visages du père et sa fille.

Et si, au bureau, les équipes étaient suffisamment (in)formées pour être libres de réfléchir par elles-mêmes, sans consulter le manager à chaque difficulté ? « Celui qui fait sait », Jean-François Zobrist

Ci-dessous, deux scénarii simples de la vie quotidienne comparant trois styles de management.

A- Choix du dîner… Et si chacun.e participait ?

Méthode directive : les parents choisissent le menu en fonction des aliments disponibles, et selon les goûts connus de chaque membre de la famille.
Méthode plus participative : les parents vérifient les aliments disponibles et proposent aux membres de la famille différentes options. Chacun choisit son menu, tous cuisinent ensemble, selon capacités (âges, fatigue).
Méthode responsabilisante : Tous vérifient les aliments disponibles, et chacun émet un avis, imagine un menu à son goût, selon une base commune (ça reste simple…). Exemple : boulgour pour tous ; assorti d’un œuf curcuma pour l’un, tomate basilic pour l’autre, etc. S’il manque un ingrédient rêvé, le rêveur le note sur une ardoise « liste de courses » dans la cuisine. Puis chacun sa mission : préparation d’un aliment, préparation de la table, etc.

On note que si c’est participatif ou responsabilisant, c’est davantage personnalisé. Les envies sont mieux prises en compte, et même les besoins sont mieux couverts. En effet, on ne mange pas ou peu ce dont on n’a pas envie ; et on ne peut pas jouer à « qui dort dîne » tous les soirs. De plus, les enfants (ou conjoint non impliqué initialement par la préparation du repas) apprennent que les aliments ne sont disponibles à la maison que si l’on a pensé à les y amener.  Les râleries façon « inspecteurs des travaux finis » ou déclarations « y’a qu’à, faut qu’on » n’ont plus cours…

 

B. Choix d’une tenue vestimentaire… Chacun.e son style !

Méthode directive : les parents préparent les vêtements des enfants en fonction de la météo, de ceux disponibles dans le placard et de leurs goûts.

Méthode plus participative : les parents proposent des vêtements, les enfants choisissent. A noter qu’après deux propositions inconvenantes, les enfants s’impliquent davantage : émission de souhaits précis ou « self-service ».

Méthode responsabilisante : chacun prépare ses vêtements, avec des critères fixes (météo, vêtements propres) et personnalisés (goûts). Les jours d’école, si un enfant ne souhaite pas préparer ses vêtements la veille, il le fait le matin en respectant la règle pré-établie « même heure de départ pour tous ». Donc, s’il tarde trop, on reboucle sur la méthode directive. S’en suit une auto-régulation (auto-discipline) s’il tient à peaufiner son style personnel.



 

Dans tous ces exemples, les parents font preuve d’empathie envers leurs enfants, s’adaptent au contexte (agilité !) et apprennent finalement autant qu’eux. Gagnant-gagnant.

A priori, nous pouvons tous trouver une ou deux petite(s) manie(s) directive(s), ultra-protectrice(s) ou très égoïstes qu’il serait bon de transformer… Objectif : emplir les membres de notre famille (enfants, conjoint,…) de notre confiance… L’autonomie renforce.

L’autorisation d’être une professionnelle ambitieuse et une mère présente, attentionnée

Ne manquons pas d’ambition, agissons pour le meilleur… A ce jour, même si les progrès sont réels dans 104 pays sur 109, le challenge de l’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes n’est relevé par aucun pays de l’OCDE. Analyse à lire ici

Le portrait sociologique des femmes françaises dessiné par Elisabeth Badinter en ce début de 21ème siècle est éloquent : nous avons partiellement digéré les progrès d’émancipation féminine et peinons à accueillir la variété des désirs féminins, cf. « Fausse route » (2003) & « Le conflit, la femme et la mère » (2010). Au lieu de (mé)juger les choix personnels, il est important de valoriser toutes les voies d’épanouissement féminin, de surmonter les clichés, standards, s’affranchir des discours moralistes et célébrer tous les parcours s’ils sont gages de bonheur pour celles et ceux qui les vivent (enfants inclus).

filles et garçons, Dr Catherine Dolto. Éditions Gallimard Jeunesse, collection Giboulées, Mine de rien
filles et garçons, Dr Catherine Dolto. Éditions Gallimard Jeunesse, collection Giboulées, Mine de rien

 

Femme ≠ Homme. Désolée pour celles et ceux qui veulent absolument (faire) croire le contraire…

Ceci n’empêche pas d’acter enfin une égalité des chances, accepter un partage du pouvoir à égalité entre les femmes et les hommes. Sans conditions. Les travaux de Rejane Senac (Twitter @RejaneSenac) permettent de mieux comprendre ce sujet. Interview ici
Rappelons que « l’égalité entre les femmes et les hommes est l’un des principes fondateurs de l’Union européenne« , où les femmes sont plus nombreuses que les hommes 

Une femme déterminée

Photographe : Anne Mardirossian

#JamaisSansElles est une évidence !

Toutes les conditions sont réunies pour donner vie à cette égalité des chances. Il convient de mieux accueillir les femmes dans toutes sphères sociétales, et ainsi leur permettre de franchir un nouveau degré de libération.

Entre autres éléments, deux dynamiques sociales confirment la possibilité pour les femmes de mieux concilier vie professionnelle et vie privée, affective et familiale, quels que soient leurs choix en ces domaines. 1. La masculinité (paternité inclus) se redéfinit vers une présence plus sensible ; 2. Les technologies numériques, si elles sont déployées pour être mises au service des femmes et des hommes, sont des outils d’émancipation. A lire, cette synthèse RSE.net, septembre 2015  « Tout dépendra de la capacité des employeurs à utiliser ces outils pour leurs salariés, avant de l’utiliser pour la seule performance de leurs entreprises« . Jusqu’à quand le télétravail gris va-t-il prospérer ?  La symétrie des attentions peut apparaître comme la moindre des politesses.

La responsabilité sociale des entreprises se retrouve aussi dans leur capacité à offrir aux salarié.e.s une plus grande latitude dans l’exercice de leur métier de parents. Comme Anne Leguy le souligne en ouverture de son blog heureuxalecole.fr, « Une société ouverte et créatrice prend sa source dans la qualité éducative prodiguée à ses enfants« . Or la délégation parentale aux nourrices et à l’école a trouvé ses limites (inutile de vous faire un dessin :-)).

I want it all, I want it now

Bear market

Bien sûr, « tout savourer en même temps » (zénith professionnel, accueil d’un nouvel enfant,…) est irréaliste. A lire, ce cri du cœur de la journaliste canadienne Amy WesterveltExtrait : « We applaud companies for paying for female employees to freeze their eggs, but don’t push them to give women the space to have children during their actual child-bearing years and come back to work without losing their place in line. (…) Instead of changing the systems, we tell women to lean in (…) It’s a call for society to do better« . Elle souligne aussi le défaut de solidarité entre les femmes en environnement professionnel, les collègues masculins étant finalement plus respectueux de la maternité. Ce défaut de solidarité, tout comme le cliché des femmes envieuses et vicieuses, est vidé de toute réalité dans des environnements moins compétitifs, plus humanistes. Peu de dissertations ou récriminations sur les statuts féminins dans les entreprises libérées étudiées par Isaac Getz et Frederic Laloux ; à partir du moment où chacun(e) est libre d’être soi en respect des autres, l’égalité s’impose d’elle-même.

Nous sommes des êtres humains évolués, et devons nous comporter comme tels, mieux nous considérer les un(e)s les autres. Merci d’accepter qu’il y a sur Terre des milliards de manières d’être Femme. 

La Sagesse, et notamment la sagesse amérindienne contée par les femmes, nous invite à « marcher notre parole », vivre selon nos valeurs et aligner nos paroles et nos actes ; quitte à se désengager de systèmes inadéquats que nous ne pouvons pas changer (en écho, le principe binaire rappelé par un ami récemment : chacun décide de se soumettre ou se démettre).

A voir, ce film sur la beauté et la puissance d’être femme. Énergie féminine positive. Grandeur d’âme. « Today I rise (…) I will walk my path with audacity (…) I reconnect with the many aspects of myself (…) I face my wholeness as a woman & my limitless capacities (…) A movement of resoluteness and concern« .



« Quand chaque femme fait honneur au Soi, de la façon la plus dépouillée possible, l’énergie créatrice devient disponible pour l’ensemble, et cette énergie contribue aux changements qui soutiennent les transformations de l’humanité. Lorsque les femmes ne seront plus perdues, à demander aux autres de leur dire ce qu’elles devraient faire ou comment elles devraient vivre, il y aura de grands changements dans notre monde » Jamie Sans

C’EST MAINTENANT, NON ?

Simone de Beauvoir

Réorienter l’éducation de nos enfants, une priorité


Commençons par une séquence Indignation : les multiples réformes de l’Education Nationale des 20 dernières années n’ont pas eu d’impact massivement positif : désamour du système scolaire, inégalité des chances , mais aussi harcèlement scolaire, moindre employabilité des jeunes, etc.

Nous vivons la 4ème révolution industrielle, combinaison d’innovations scientifiques et technologiques qui drainent des transformations profondes, radicales et pérennes. Voici la liste des  compétences requises à horizon 2020, selon l’Institute For The Future of Work

Future Work Skills 2020

Institute For The Future of Work – http://www.iftf.org

L’EDUCATION, FER DE LANCE DE NOS SOCIETES, doit bel et bien faire sa révolution.

Edgar Morin plaide pour l’intégration de la complexité dans l’enseignement, avec ce manifeste « Les 7 savoirs nécessaires à l’éducation du futur« .

Les Digital Champions européen.ne.s envoient une lettre ouverte aux Ministres des Etats membres de l’Union Européenne pour que l’Education Nationale endosse une (forte) dimension numérique. Constructif, ce courrier vise notamment à « assurer que les compétences numériques soient inclues dans les programmes d’étude de la maternelle à l’enseignement supérieur et l’éducation des adultes. » Progrès en cours en France, si j’en crois Michèle Drechsler, inspectrice Education Nationale, et Nicolas Le Luherne, professeur Histoire-Géo que je suis sur Twitter, @mdrechsler et @ProfLeluherne.
Les professionnels de l’Education Nationale sont de plus en plus connectés, ça fait partie des bonnes nouvelles en la matière ! A regarder régulièrement, Ludovia, chaîne d’information sur le digital et l’éducation.

Ludovia, Culture Numérique à l'école

Ludovia, Digital et Education, Quelle culture numérique à l’école ?

Ceci n’est pas mentionné dans la lettre, mais la formation aux compétences numériques stricto sensu est utilement complétée par l’apprentissage des langues (anciennes et vivantes), qui permet de développer l’intelligence culturelle des enfants dès le plus jeune âge… L’éducation au pluralisme culturel est hautement souhaitable dans notre monde hyperconnecté !

Avec justesse, la lettre invite à « Promouvoir l’apprentissage tout au long de la vie« , nécessité induite par l’économie de la connaissance (cf. la publication des Entretiens d’Albert Kahn sur l’économie de la connaissance, une éducation tout au long de la vie).

Heureusement, les capacités du cerveau humain sont inouïes !

IL CONVIENT DE MIEUX APPRENDRE, STIMULER LA JOIE D’APPRENDRE

Balthazar et les couleurs de la vie et des rêves aussi

Balthazar et les couleurs de la vie et des rêves aussi. Marie-Hélène Place, illustré par Caroline Fontaine-Riquier. Editions Hatier Jeunesse.

Tout ne se joue plus « avant bac », mais c’est avant 18 ans que l’on apprend à apprendre…

LES ENJEUX DES ECOLES MATERNELLES, PRIMAIRES ET SECONDAIRES SONT IMMENSES :

  • former des citoyens, heureux acteurs responsables de nos sociétés ;
  • développer différentes intelligences ;
  • dispenser les savoirs de base : lire, écrire, compter, (dé)coder,… ;
  • aiguiser la faculté de jugement, l’esprit critique ;
  • susciter la confiance (en soi en les autres) ;
  • booster la créativité, l’envie d’entreprendre ;
  • apprivoiser l’altérité, la complexité

Ces aptitudes, compétences, connaissances, facultés, savoirs,… sont difficilement acquises dans les écoles françaises aujourd’hui ; l’école ne développe pas des esprits suffisamment alertes, curieux, ouverts et créatifs…

De nouvelles grandes réformes sont menées pour inscrire dans la continuité de l’année scolaire des initiatives intéressantes mais ponctuelles : projets citoyens, ateliers culturels associatifs, événements thématiques (semaine du goût, semaines contre le racisme et l’antisémitisme, printemps des poètes, semaine de la presse et des média dans l’école, etc.). Bientôt des expériences numériques immersives proposées aux enfants ? Des forums ouverts, des ateliers « robotique » et « réalité virtuelle », par exemple ?

En parallèle de l’envol numérique, on aimerait que certains savoirs basiques ne soient plus négligés. L’égalité des chances, mal appliquée, peut se transformer en nivellement par le bas. D’aucuns, partisans du « c’était mieux avant », prétendent que l’ancien certificat d’études était meilleur gage de connaissance et débrouillardise que le brevet des collèges actuel. Céline Alvarez, professeure des écoles, a osé le dire haut et fort : « 40% des enfants sortent du CM2 avec des difficultés tellement importantes qu’ils ne pourront pas suivre une scolarité normale au collège. » Elle a démontré courageusement l’efficacité de la pédagogie Montessori dans une classe de maternelle en zone d’éducation prioritaire (zep) ; son expérience de 3 ans, couronnée de succès, n’a pas été reconduite par l’Education Nationale, pour des raisons apparemment plus institutionnelles que rationnelles.

En fait, l’exception de Céline Alvarez réside surtout dans sa transparence vis-à-vis de l’institution et sa médiatisation… De plus en plus de professeurs combinent des méthodes pédagogiques alternatives et traditionnelles pour s’adapter aux nouvelles attentes des élèves, mieux œuvrer à leur réussite et à leur bien-être. A lire ici, une réflexion intéressante sur la mise en pratique de pédagogies actives (suite étude OCDE).

En attendant que l’Education Nationale ait finalisé sa mue, le nombre d’écoles alternatives s’enrichit d’année en année… Une liste ici. On parle d’écoles démocratiques favorisant la créativité, la confiance et la coopération ; des écoles où il fait bon apprendre, respectueuses du rythme biologique des enfants, de leurs mécanismes d’apprentissage ; on y applique les pédagogies Montessori, Steiner ou dérivées. Des écoles saines et libres, en somme. Payantes aussi.

Maria Montessori
Maria Montessori

 

LES PROGRES DE LA PSYCHANALYSE, ASSOCIES AU DEVELOPPEMENT DES NEUROSCIENCES, permettent une meilleure connaissance des besoins des enfants et une reconnaissance de l’enfant dans sa singularité. Le rôle des parents est affirmé ; et la coopération entre professeurs et parents, encouragée.

 

Puisque nous avons choisi de « faire, avoir » des enfants ; pourquoi ne pas mieux les servir ? Les adultes choisissent de devenir parents ; la parentalité est ainsi mieux acceptée comme une responsabilité joyeuse et un métier à vie, à combiner avec des activités rémunératrices.

Les mentalités évoluent… Les hommes s’autorisent à être des Happy Men , soucieux de l’égalité professionnelle femmes-hommes, et savourent le plaisir d’équilibrer leurs temps de vie privée & professionnelle.

De fait, il est de plus en plus facile techniquement, grâce aux outils de travail à distance (technologies numériques), de mener de front parentalité réussie et succès professionnels. En cours : transformation sociale visant à intégrer ces nouvelles pratiques dans les mœurs.

Une fois acceptée l’idée qu’ « être parent est un métier », vient l’envie de « faire L’ECOLE A LA MAISON« …

Sans aller jusqu’à ne plus inscrire leurs enfants à l’école (quoique le mouvement non-sco se développe…), les parents s’intéressent à la psychologie enfantine et s’impliquent dans les apprentissages de leurs enfants. Animés par l’envie de « faire au mieux pour eux« , les parents plébiscitent les « règles » éducatives alternatives, à ne pas confondre avec un gloubiboulga hippie new age : il n’est pas question de laxisme, mais de respect de la personnalité et du rythme de chacun, d’une éducation ferme et bienveillante. Bienvaillante aussi.

On veut mieux respecter les droits de nos petits, « élever nos enfants autrement« … L’auteure du livre éponyme affirme, et je la rejoins, « Être parent, c’est devenir chaque jour un peu plus soi-même« … Devenir pleinement soi. Or les us & coutumes évoluent aussi sûrement que rapidement en ce début de 21ème siècle ; mettre au diapason développements personnel et familial n’est pas une mince affaire ! Des questions contemporaines résident dans les cas de divorce, notamment celle-ci : les décisions de garde alternée impliquant une double résidence (une semaine papa, une semaine maman) sont-elles bien adaptées aux besoins de l’enfant ? Le risque est de  privilégier les envies parentales ou critères financiers au détriment des droits et besoins de l’enfant. Pour autant, on s’adapte, les compétences familiales se diversifient et se développent ; cf travaux de Guy Ausloos « La compétence des familles * Temps, chaos, processus » !

Ne pas hésiter à pratiquer le co-développement en cette matière aussi : apprendre sur soi et sur les autres, par soi-même et avec les autres… Faire vivre la solidarité parentale dans toutes les sphères sociales. Ne pas hésiter à adhérer aux associations de parents d’élèves afin de participer aux progrès des écoles… Ne pas hésiter à sortir de nos cercles privés, fréquenter les maisons vertes (Dolto) et autres associations de quartier pour apprendre ensemble, grandir au rythme de nos enfants… J’ai rencontré récemment un père qui, à l’occasion de la naissance de ses fils (« 2 d’un coup ! »), a créé une association d’échanges entre pères de jumeaux. 7 ans plus tard, les salons de discussion ne désemplissent pas ! Une mère de mon entourage a quant à elle créé une association visant à développer les connaissances numériques des enfants ; une association locale qui organise différents ateliers participatifs : salle comble à chaque fois, les yeux brillants des enfants-makers et de belles volontées croisées de transmettre et recevoir ! Dans le même esprit, l’association « De parents à parents » met en relation les parents qui souhaitent « vivre en harmonie, en cohérence avec eux-mêmes« . Des articles très intéressants en lecture libre sur le site web.

Concrètement, j’ai surtout envie d’écrire que NOS ENFANTS SONT DES MIRACLES ; il convient d’en prendre soin.

Belle question de cet enfant de 13 ans, soutenue par sa maman :


« What if we base education in study & in practice on being happy & healthy? »

Ce garçon est en phase avec les résultats de la plus grande enquête jamais réalisée sur le bonheur, étude et analyse de 764 personnes depuis 1938, par les équipes du Professeur Waldinger, Harvard University.
Les résultats de cette enquête nous questionnent autant qu’ils nous éclairent…

A lire aussi, cette lettre d’un père à ses enfants : « Vous allez vivre dans un futur vertigineux (…) Il faut apprendre à décoder le monde plus qu’à coder des programmes informatiques. »

A lire encore, cette poésie numérique 2016 « You weren’t born for this $#!^ (…) You were born to create on a Monday (…) Worship on a Sunday You were not born to slave every day« 

POUR DIFFERENTES RAISONS, UNE TRANSITION PEDAGOGIQUE EST DONC EXIGEE, NECESSAIRE… Et on peut l’accélérer, en assumant pleinement et joyeusement nos responsabilités, en s’appuyant sur les formidables idées et talents dont nous disposons (French EdTech inclus), que nous développons, sans oublier de redorer le blason de celles et ceux qui exercent l’un des plus beaux métiers du monde, celui de Professeur.

Peut-être est-ce l’occasion de redonner pleinement vie à l’égalité des chances et à la méritocratie ?

Voilà… Quelques pensées, quelques mots qui appellent les vôtres…

Je tiens à remercier sincèrement Isaac Getz, qui m’a encouragée à m’exprimer davantage sur ces sujets… L'(auto-)éducation est bien ma ligne principale. D’autres écrits à venir… Tous vos avis et récits sont les bienvenus. Il y a tant à partager pour assurer des vies libres et responsables, épanouies…

On a besoin de beaucoup, Beaucoup d’AMOUR… Et d’Autonomisation.

Le leadership libérateur, toute une éducation !

Pour une métamorphose numérique humaniste… Panorama d’inspirations progressistes, d’innovations positives


En 2001 (mémoire de fin d’études), je posais la question du progrès humain associé à l’intégration des technologies de l’information et de la communication dans les entreprises. Aujourd’hui on parle surtout d’innovations : innovation sociale, innovation technologique, innovation sociétale.

Le remplacement du mot « progrès » par « innovation » n’est ni neutre ni optimiste. Selon cet article Innovation & Strategy, il signifierait que « nous aurions renoncé à toute amélioration de la condition humaine vers le meilleur. » Une attitude très postmoderne…

Il est vrai que les clivages géo-écono-politico-socio-climato-culturels semblent s’amplifier ; protéiformes, ils sont visibles en tous domaines. On a vu couler les larmes de nombreux humanistes, consternés par l’échec des politiques, notamment le défaut d’application de chartes et traités internationaux édictés avec conviction et foi en un monde meilleur. Désenchantement.

Mais des voix s’élèvent…

Les plaidoyers récents de Stephan Hessel, Amin Maalouf, Edgar Morin sont magnifiques : en mettant l’actualité en perspective de l’Histoire, ils nous montrent, humbles, la voie du retour aux valeurs universelles, dénominateurs communs d’une humanité en redéfinition.

Malala Yousafzai, Prix Nobel de la Paix 2014, nous émeut et nous engage dans la lutte pour l’éducation des enfants, la scolarisation des filles en particulier.

Photo : Antonio Olmos

Photo : Antonio Olmos

Joseph Stiglitz, Prix Nobel d’Economie 2011, nous interpelle sur les inégalités croissantes dans nos sociétés occidentales, signes d’un modèle défaillant, et nous donne ce conseil : « Raise your voice ».

Michel Serres, enchanteur auteur des Cinq Sens nous recentre en 2012 sur nos pouces et nos connexions neuronales en nous présentant la Petite Poucette, « héroïne de la jeunesse à venir, incarnation de l’émancipation du savoir et de la politique via les nouvelles technologies ». En 2014, il nous offre Yeux, ode à la diversité des regards posés sur le monde, une invitation à percevoir les mille facettes d’une situation, étant entendu qu’on voit mieux avec notre cœur. En 2015, il nous conte l’histoire du Gaucher boiteux, toujours entre art et science.

Avec « Jugaad Innovation » et « From Smart to Wise« , Navi Radjou nous fait aimer l’innovation frugale : « faire mieux avec moins ».

Dans un autre domaine, mais on reconnaît une philosophie commune, Pierre Rabhi nous alerte sur les blessures de la Terre, mère nourricière, et prône des méthodes d’agriculture plus respectueuses de l’être humain et son environnement.

Joël de Rosnay, quant à lui, veut nous faire surfer la vie dans la société fluide. Il nous invite à « moins craindre l’intelligence artificielle que la stupidité naturelle » et nous emmène, en chœur avec Hervé Fischer, vers l’hyperhumanisme, « conscience augmentée, conscience collective, bien réelle, éthique, planétaire et active ». Gilles Babinet, auteur de « Big Data : penser l’homme et le monde autrement« , nous rappelle que « science sans conscience n’est que ruine de l’âme ». Il s’adresse aux citoyens numériques que nous sommes et nous explique, par exemple, que « les décisions administratives relatives à la gestion de nos données numériques ont un fort impact sur le design de nos vies. »

On retrouve un peu de tout ceci dans l’énergie phénoménale des mouvements citoyens « people & planet friendly » qui se développent partout dans le monde, et attestent de l’existence d’une « nouvelle conscience pour un monde en crise, civilisation de l’empathie » (Jérémy Rifkin).

« Es la hora de la gente », Podemos, en Espagne

Les idées humanistes et progressistes sont de plus en plus entendues, partagées, transposées dans différents contextes par des acteurs(-trices) citoyen(ne)s qui ressentent le besoin vital de faire bouger les lignes, innover de manière équitable, solidaire et responsable. Carine Dartiguepeyrou y voit une nouvelle philosophie, La nouvelle avantgarde, « une culture, communauté de valeurs et de quête, fruit d’une intuition collective qui rassemble des personnes de tous horizons autour d’un respect profond pour le vivant, de la conscience que nous ne connaissons qu’une part infime de l’univers. C’est, plus que tout, une vision poétique du monde et un espoir dans la capacité humaine à évoluer. »

L’innovation sociétale progresse de jour en jour, et profite de ce formidable outil qu’est Internet. Comme le titre cet article à la radicalité médusante « There is something extraordinary happening in the world« 

Dans le monde entrepreneurial, les mérites de la valorisation du capital humain sont de plus en plus perçus et vantés. L’humain est bien au cœur des Nouveaux Horizons RH, « l’humain et sa volonté de s’épanouir, de réaliser ses rêves dans un monde toujours plus global, complexe et incertain« , Alexandre Pachulski.

On comprend enfin l’intérêt de mieux gérer l’intelligence collective, si chère à Olivier Zara. Il conçoit d’ailleurs différents outils et méthodes permettant d’orchestrer les connaissances, mieux identifier et développer les talents, et asseoir une nouvelle légitimité managériale ; il invite aussi à faire confiance à l’intelligence situationnelle de chaque acteur.

Les mouvements de libération des entreprises (Brian M. Carney, Isaac Getz, Alexandre Gérard, Jean-Francois Zobrist, pour ne citer qu’eux) et du bonheur au travail (Laurence Vanhee et consorts) se développent. En marge des cyniques, égoïstes, geignards et autres pessimistes, ils dénotent un réel optimisme anthropologique : croire en l’être humain, lui faire confiance et alléger les circuits décisionnels et organisationnels des entreprises pour libérer les énergies, les savoirs, accroître le bien-être des femmes et des hommes (richesses des organisations), et ainsi garantir une performance durable. 

En France, l’entrepreneuriat social est en plein essor : écologiquement sain, il s’inscrit dans une logique profitable tant économiquement que socialement. « Les associations n’ont plus le monopole du cœur« , comme le dit si bien Emmanuel de Lutzel. L’entreprise Ticket For Change, qui forme les entrepreneurs (et intrapreneurs) sociaux puis accompagnent leurs projets dans tous secteurs, numérique intégré, est particulièrement impressionnante d’énergie et de pragmatisme : des jeunes pleins de notre avenir commun ! À consulter régulièrement, le blog de Nicolas Cordier regorge d’excellentes initiatives en la matière ; et on peut y apprécier cette citation d’Albert Camus :

Oui, il y a la beauté et les humiliés. Quelles que soient les difficultés de l’entreprise, je voudrais jamais n’être infidèle ni à l’une ni aux autres. Albert Camus

 

Histoire à continuer….

Forts de ces idées et voies d’actions, nous allons tous avancer dans nos réflexions personnelles, suivre notre voie, tracer notre chemin… Gardons les yeux ouverts sur les inventions positives, telles la prothèse intelligente Bionico-Hand ou le booster d’empathie The Machine To Be Another, présentées lors du séminaire « L’homme augmenté, l’humanité en quête de sens » à l’institut Mines-Telecom. Et espérons que les prochains événements organisés à l’UNESCO, notamment le Parlement des Entepreneurs d’avenir et COP21 nous donnent encore de belles pistes d’avenir. Gageons aussi que l’édition 2016 du Forum NetExplo, observatoire numérique de l’UNESCO, nous fasse découvrir d’autres innovations technologiques sources de progrès humain…

Peut-être en connaissez-vous déjà ? Je serai heureuse de découvrir de nouvelles idées, personnalités formidables, beaux projets, et autres inventions lumineuses en lisant vos commentaires.

Le leadership libérateur, toute une éducation

Le mouvement des entreprises libérées applique le leadership libérateur aux entreprises et organismes publics. Il est décrit, promu et suivi par Isaac Getz et Brian M.Carney http://liberteetcie.com/ … Et peut-être d’autres.

Lors de ses conférences, Isaac Getz met l’accent sur trois besoins psychologiques fondamentaux des êtres humains, mal couverts par les organisations pyramidales, systèmes hiérarchiques traditionnels : auto-direction, auto-réalisation (développement personnel) et égalité intrinsèque. En filigrane : la confiance mutuelle des acteurs, sans laquelle rien n’est possible.

Conférence Isaac Getz "Etre et travailler de manière ouverte et collaborative". Facilitatrice graphique : Céline Pernot-Burlet (@cibi1974)

Auteure scribing @cibi1974

 

Étonnamment, puisque nous naissons tous « libres et égaux en droits », être libre et respecter la liberté d’autrui ne s’improvise pas ; ça s’apprend. Au mieux dès l’enfance, avec une éducation ferme et bienveillante, un comportement pédagogue stimulant autonomie, confiance en soi et en les autres, mais aussi curiosité intellectuelle, empathie et ouverture d’esprit, respect de soi-même et des autres. Ainsi grandissent des êtres humains libres et responsables, citoyens du monde plus enclins à coopérer, entretenir de saines relations humaines.

Un vœu pieux saupoudré de poudre de fée ? « Rêvons ! » Oui, rêvons ! Et faisons de notre mieux pour que ce soit possible. La voie est ouverte…

Quelques pistes pour une « éducation à la vie » basée sur la confiance, exempte du rapport dominant / dominé, créatrice de liberté et de responsabilité…

Étant entendu que Mme et Mr Parfait ne sont pas des êtres humains, il ne s’agit pas d’appliquer des préceptes à la lettre, mais bien de connaître et respecter l’enfant dans sa singularité et sa pleine capacité, l’accompagner, lui permettre de réaliser son potentiel.

Ainsi lit-on La cause des enfants de Françoise Dolto, et l’on comprend qu’ « en respectant l’enfant, on respecte l’être humain ». « Tout se joue avant 6 ans » de Fitzugh Dodson confirme l’importance de la petite enfance ; plus le paradis des amours enfantines sera vert, plus les adultes seront forts.

Puis les exemples concrets de la pédagogie Maria Montessori, largement diffusés sur le web, nous prouvent à quel point il est formateur d’apprendre en faisant, apprendre par soi-même (ce qui ne signifie pas « en solo ») dès le plus jeune âge…

En littérature jeunesse, le roman « Totto-Chan, la petite fille à la fenêtre » (Tetsuko Kuroyanagi), accessible aux adultes, met en scène un enseignement stimulant l’auto-régulation, via (notamment) le respect de chaque personnalité, l’inclusion d’espaces de liberté et la reconnaissance du droit à l’erreur. Exemple : les élèves ont le droit d’écrire sur les murs, à condition de nettoyer eux-mêmes. A noter pour les écoles et les maisons « kids-friendly »: cette expérience est reproductible à loisir sur tous murs élus, grâce à la peinture ardoise !

Ces principes éducatifs sont joliment mis en scène dans ce documentaire de Judith Grumbach « Ensemble, redessinons l’éducation »

 

De telles relations entre éducateurs et enfants renforcent les liens entre les parties prenantes (famille, enfants, enseignants, …) tout en encourageant l’épanouissement personnel de chacun(e).

L’exigeante équation « autorité = légitimité + crédibilité » prend corps progressivement et durablement.

Pour conclure ce premier billet, je vous invite à ne pas hésiter à vous faire du bien (parents, enfants) dès la grossesse avec l’haptonomie, la science de l’affectivité (Frans Veldman) connue, appliquée et promue par des sages-femmes attentionnées bien intentionnées. Plus d’informations ici http://www.haptonomie.org/fr/