Initiation au pluralisme culturel à l’heure d’Internet, kaléidoscope informationnel et culturel


Postulat de départ en forme d’espoir : les êtres humains n’ont pas vocation à devenir des clones épanouis dans des sociétés aseptisées. Lire ici la déclaration universelle sur la diversité culturelle, UNESCO, 2001

« Il n’y a plus d’étrangers en ce siècle, il n’y a plus que des compagnons de voyage (…) Que nos contemporains habitent de l’autre côté de la rue ou à l’autre bout de la terre, ils ne sont qu’à deux pas de chez nous (…) Nous ne pouvons plus nous permettre de connaître « les autres » de manière approximative, grossière. » Amin Maalouf

Aujourd’hui, nous nous appelons facilement « citoyens du monde« . Nous voyageons souvent, et sommes plus de 3 milliards à accéder à Internet, véritable kaléidoscope informationnel et culturel. Les médias sociaux y jouent le rôle d’amplificateurs des faits, opinions et ressentis partagés par les internautes.

L’éducation au pluralisme culturel devient encore plus essentielle.

En France, la diversité culturelle est une évidence qui se vit au quotidien. Dans les écoles de la République se rencontrent Edouard, blondinet à lunettes ; Julia, surdouée à tendance hyperactive ; Victoire, qui a deux mamans ; Salomon, qui partage sa vie entre « chez papa » et « chez maman » une semaine sur deux ; Kim, née en Chine… Il y a aussi Paolina qui aime le foot, Noé qui préfère les billes, Anatole qui voit toujours rouge, Lucia qui pleure dès qu’on la regarde dans les yeux, Abdoulaye tout timide, et Nouri qui « n’écoute jamais rien et parle toujours très fort »…

Si on leur conte l’évidence « vous êtes différents, vous n’avez pas la même vie », on stigmatise chacun(e) dans sa singularité. Pour leur apprendre la tolérance, on leur explique « nous sommes tous différents, nous coexistons sur la même planète » ; et on imagine ensemble les modalités. Par exemple, leur enseigner une pratique saine de gestion des incompréhensions et désaccords, Le Petit Prince en appui : oser investiguer, chercher à comprendre, interroger les principaux intéressés (« pourquoi ? »). Finalement, n’est-ce pas la moindre des politesses ? Dans une optique de solidarité, fraternité universelle, on initie le dialogue sur un résolu « nous sommes différents, je t’accepte tel(le) que tu es »… Intuitu personae.

Dans tous les cas, rencontrer « l’autre » implique d’aller au-delà de nos sensations immédiates, perceptions individuelles, prismes déformants. Reporter notre jugement.

Ce n’est pas facile… Cette auto-éducation se poursuit tout au long de notre vie.

Dans la vie, rien n’est à craindre, tout est à comprendre. Marie Curie

Ci-après, quelques ressources culturelles pour développer notre intelligence altruiste : connaissance de la Terre et ses habitants, curiosité, bienveillance, ouverture d’esprit… 

Tout d’abord, écouter des musiques de tous horizons. Les collections « Enfance » des éditions musicales proposent de très belles collections « musiques du monde » pour ouvrir nos oreilles à toutes les sonorités de la planète et entrer dans toutes cultures avec une clé mélodique.

Basiquement, ouvrir un Atlas mondial, faire tourner une mappemonde… Mais aussi naviguer sur Google Earth, ou emprunter les yeux de la NASA (liste des applications ici) et regarder l’espace, la Terre vue du ciel, les océans, et même Mars !

Quelques trésors de Littérature Jeunesse…

Avec Sept milliards de visages, on fait le tour du monde de nos différences : de la couleur de nos cheveux à nos métiers, en passant par nos styles vestimentaires et nos croyances. Une petite encyclopédie … Et cette magnifique conclusion « Alors, n’est-ce pas merveilleux un monde où personne ne ressemble à personne ?« 

Sept milliards de visages, de Peter Spier. Éditions l'école des Loisirs

Sept milliards de visages, de Peter Spier. Éditions l’école des Loisirs

 

L’animhommerie de Monsieur Larsen, « catalogue vivant de personnages fantastiques qui existent vraiment », « spectacle unique au monde » où nous sommes invités à entrer sans frapper, tous bienvenus. On y rencontre le Zèbrhomme, « à la fois noir et blanc, le racisme est pour lui quelque chose d’inconcevable, d’offensant et d’épouvantable ». Il y a aussi la Girafemme, qui, peut-être, décrypte les étoiles ; le Colivret de poèmes, qui « vole avec ses poèmes dans le ciel, et qui les lit s’envole avec eux » ; le Camelacteur, … Et bien d’autres encore.

On retrouve un peu de nous et de nos rencontres dans chacune de ces créatures ; c’est un formidable voyage au pays des (extra-)terriens. 

L'animhommerie de Monsieur Larsen, Aitana Carrasco & Daniel Monedero

L’animhommerie de Monsieur Larsen, Aitana Carrasco & Daniel Monedero

 

L’école de Léon, rentrée à l’école maternelle… Découverte d’un nouvel environnement, des règles de vie… Et des camarades de classe, à apprivoiser. On retrouvera sans doute un peu de nos copines/copains d’école en nos collègues de travail… Au-delà des apprentissages académiques, l’école est surtout l’école de la vie.

 

L'école de Léon, de Serge Bloch. Éditions Albin Michel Jeunesse

L’école de Léon, de Serge Bloch. Éditions Albin Michel Jeunesse

 

Avec Matin brun, on comprend la discrimination et ses conséquences. C’est une nouvelle de 11 pages sur la « vie ordinaire de gens ordinaires dans un État totalitaire », sur le caractère implacable et graduel de l’intolérance. Ce récit nous incite à nous sentir concernés par toute pratique discriminatoire. Même si nous ne sommes pas visés de prime abord.

Ce livre est plutôt rédigé à l’attention de collégiens, mais c’est une excellente base pour affûter l’esprit critique des plus jeunes. Par exemple, on peut s’amuser à inventer ensemble un système de pratiques discriminatoires, comportant des règles aussi iniques que loufoques, assorties de sanctions ; et imaginer les réactions de M. Couard et Mme Bienpensance. Exemple :  amende de 100 euros pour tout port de vêtements rouges (« le rouge est la couleur du scandale, ils ont bien raison de promulguer une telle interdiction »), puis bannissement des chiens d’origine française (« tant mieux, je ne supportais plus le chien de la voisine, il aboie tout le temps »), puis emprisonnement des hommes de moins de 35 ans s’appelant Martin (« mince, mon ami Martin… Que va-t-il devenir ? »), et enfin, interdiction totale du vert sous toutes ses formes orales, écrites, dessinées… avec des sanctions te-rri-bles (« aïe, mes tableaux, ma robe, mon salon,…. Mes yeux !,… »).

Matin brun, Franck Pavloff

Matin brun, Franck Pavloff

Il y a aussi cette planche de bande-dessinée, qui explique avec humour et fermeté l’importance de respecter les paroles contraires, privilégier le dialogue à la violence. La liberté d’expression n’est pas négociable.

Enfin, cette chanson, ode à la diversité culturelle de la France, qu’un professeur a eu l’intelligence d’enseigner à ses élèves d’école élémentaire suite aux attentats qui ont frappé Paris début janvier 2015.

Poésie enseignée par une institutrice… Ecole élémentaire 2015 en France. #JeSuisCharlie #JeTeFeraiLHumour

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A l’écoute de vos idées…