Innovation managériale en famille… Liberté & responsabilité.

Le MOOC Innovation Managériale met en évidence le parallèle entre management / leadership en entreprise et en famille. Belles explorations… Merci !

Il est vrai que nous sommes, à quelques détails près, les mêmes personnes au bureau et à la maison… Et les mentalités évoluent globalement. Difficile de déterminer une norme familiale dans notre société en transformation, et une méthode éducative unique pour tous. L’heure est à l’adaptation, à l’innovation.

Intéressée par le thème, je me permets de reprendre ici quelques réponses, dont les miennes, au mini-défi 8 du MOOC : Management responsabilisant en famille.

Photographié par Anne Mardirossian (Flickr)

Photographié par Anne Mardirossian (Flickr)

« Management responsabilisant » en écho à la qualité de gestionnaire du chef de famille (mater ou pater familias) plus admise socialement que la notion de leader libérateur ou libératrice. Les sujets se rejoignent.

Inspirée par le MOOC, une mère a décidé d’exonérer sa fille de l’obligation d’apprendre ses poésies assise sur une chaise, face à la table. La petite a ainsi pu choisir son endroit idéal : allongée sur le tapis, puis assise sur son lit, debout face à la fenêtre… Résultat : poésie mémorisée avec plaisir et plus rapidement. Vertu du flexiwork…
La mère, en observant sa fille ainsi coincée sur sa chaise, s’est rappelée les longues heures de réunions où, « bloquée sur sa chaise », son pied s’agite et son esprit vogue vers d’autres cieux en s’impatientant… En reflet, sans attendre d’être elle aussi autorisée à vivre ses réunions autrement, elle n’impose plus cette fausse bienséance à sa fillette, tout à fait capable de choisir « comment » elle accomplit l’obligation de faire ses devoirs. Selon le baromètre 2016 Wisembly-IFOP, 42% des réunions sont improductives… Des solutions existent.
Un père raconte quant à lui un exercice d’auto-censure : rester sur le canapé tandis que sa fille peine à ouvrir une porte en râlant, et ainsi ne plus apparaître comme « celui qui sait mieux qu’elle ». Confiant, il l’encourage à distance « ce n’est pas une petite porte qui va résister à ma grande fille… » La fillette, surprise, cesse de râler et s’applique, se concentre sur la tâche à accomplir. Ça marche, la porte s’ouvre ! Deux sourires vainqueurs s’affichent sur les visages du père et sa fille.

Et si, au bureau, les équipes étaient suffisamment (in)formées pour être libres de réfléchir par elles-mêmes, sans consulter le manager à chaque difficulté ? « Celui qui fait sait », Jean-François Zobrist

Ci-dessous, deux scénarii simples de la vie quotidienne comparant trois styles de management.

A- Choix du dîner… Et si chacun.e participait ?

Méthode directive : les parents choisissent le menu en fonction des aliments disponibles, et selon les goûts connus de chaque membre de la famille.
Méthode plus participative : les parents vérifient les aliments disponibles et proposent aux membres de la famille différentes options. Chacun choisit son menu, tous cuisinent ensemble, selon capacités (âges, fatigue).
Méthode responsabilisante : Tous vérifient les aliments disponibles, et chacun émet un avis, imagine un menu à son goût, selon une base commune (ça reste simple…). Exemple : boulgour pour tous ; assorti d’un œuf curcuma pour l’un, tomate basilic pour l’autre, etc. S’il manque un ingrédient rêvé, le rêveur le note sur une ardoise « liste de courses » dans la cuisine. Puis chacun sa mission : préparation d’un aliment, préparation de la table, etc.

On note que si c’est participatif ou responsabilisant, c’est davantage personnalisé. Les envies sont mieux prises en compte, et même les besoins sont mieux couverts. En effet, on ne mange pas ou peu ce dont on n’a pas envie ; et on ne peut pas jouer à « qui dort dîne » tous les soirs. De plus, les enfants (ou conjoint non impliqué initialement par la préparation du repas) apprennent que les aliments ne sont disponibles à la maison que si l’on a pensé à les y amener.  Les râleries façon « inspecteurs des travaux finis » ou déclarations « y’a qu’à, faut qu’on » n’ont plus cours…

 

B. Choix d’une tenue vestimentaire… Chacun.e son style !

Méthode directive : les parents préparent les vêtements des enfants en fonction de la météo, de ceux disponibles dans le placard et de leurs goûts.

Méthode plus participative : les parents proposent des vêtements, les enfants choisissent. A noter qu’après deux propositions inconvenantes, les enfants s’impliquent davantage : émission de souhaits précis ou « self-service ».

Méthode responsabilisante : chacun prépare ses vêtements, avec des critères fixes (météo, vêtements propres) et personnalisés (goûts). Les jours d’école, si un enfant ne souhaite pas préparer ses vêtements la veille, il le fait le matin en respectant la règle pré-établie « même heure de départ pour tous ». Donc, s’il tarde trop, on reboucle sur la méthode directive. S’en suit une auto-régulation (auto-discipline) s’il tient à peaufiner son style personnel.



 

Dans tous ces exemples, les parents font preuve d’empathie envers leurs enfants, s’adaptent au contexte (agilité !) et apprennent finalement autant qu’eux. Gagnant-gagnant.

A priori, nous pouvons tous trouver une ou deux petite(s) manie(s) directive(s), ultra-protectrice(s) ou très égoïstes qu’il serait bon de transformer… Objectif : emplir les membres de notre famille (enfants, conjoint,…) de notre confiance… L’autonomie renforce.

Laïcité, garante de Liberté, Egalité et Fraternité

Notes prises lors du Colloque de l’Observatoire de la Laïcité, organisé avec l’Education Nationale le mercredi 9 décembre 2015, retranscrites en respectant les dires des intervenant(e)s.

Mon inscription en tant que réserviste de la Réserve Citoyenne de l’Education Nationale m’a permis d’y participer… Conseil d’amie : inscrivez-vous pour devenir citoyen(ne) acteur(-trice) plutôt que râleur(-se)… Lorsqu’on agit, nos critiques deviennent constructives :-)

DEFINITION * CE QU’EST LA LAÏCITE

Enseignement inscrit dans la pédagogie des valeurs républicaines.

Singularités de la laïcité, par rapport aux autres valeurs républicaines :

A – La laïcité fait partie du contrat social depuis la loi de séparation des églises et de l’Etat du 9 décembre 1905 :

découplage de la citoyenneté et de l’appartenance confessionnelle (religion) + liberté de conscience.

B – L´un des piliers de l’Education Nationale, comme la gratuité, inscrit dans l’enseignement élémentaire depuis 1882 ;

C – La laïcité fait aussi partie du contrat implicite entre professeurs et élèves (art 7, « transmission une culture commune, de valeurs partagées »)

Définition de la laïcité selon une métaphore  photographique ; la laïcité est une affaire de :

  • cadrage : neutralité de l’état + faire respecter la loi ;
  • et de profondeur de champ : horizon, ré-investir le futur, progrès social et humain car il s’agit de former des petit(e)s républicain(e)s, des petit(e)s démocrates

Laïcité de coexistence, qui implique un compromis. Ce n’est pas une doctrine, ni un dogme.

La laïcité est d’abord et avant tout une liberté publique protégée et limitée par une loi politique. C’est un choix moral, philosophique, politique, clair et radical : la loi des hommes régit la cité.

Liberté fondamentale de conscience et de culte. Principe universel et ensemble de règles juridiques.

3 piliers :

A – c’est une liberté conquise après de rudes batailles : liberté de croire (à ce que l’on veut) ou ne pas croire

B – indépendance de l’Etat par rapport à toutes religions, neutralité absolue des services publics : garantie de l’égalité de traitement de tous les citoyen(ne)s

C – fraternité : tous citoyens égaux en droits et en devoirs

TRANSMISSION * COMMENT EDUQUER A LA LAÏCITE

Priorité : gigantesque effort d’information et formation dans toutes les sphères sociales ! A lire, l’excellent dossier de la BNF, « La laïcité en questions« 

Charte de la laïcité à l’école – Education Nationale

Dans l’école, la laïcité implique la neutralité des professeurs, éducateurs qui doivent transmettre cette conviction républicaine de l’importance de la laïcité de manière impartiale et objective. A lire, le dossier du réseau Canopé sur l’éducation à la laïcité.

Pour chaque enseignant, l’objectif est de se mettre en capacité d’enseigner

Actions :

  • faire respecter la nécessité de se soumettre aux valeurs et aux lois républicaines au sein des écoles
  • faire comprendre aux élèves que « quand ils vivent en France, ils ne vivent pas ailleurs. » Transmettre l’histoire de France et son identité complexe, plurielle
  • mettre en place des ateliers de réflexion et discussion philosophique
  • transmettre l’amour de la liberté

Responsabilité des enseignants. Postures pédagogiques requises :

A – Écouter les objections des élèves, voire les susciter / libérer la parole, et les travailler (discussion à portée philosophique).

B – Fermeté et bienveillance + intelligence situationnelle des enseignants (chaque situation est spécifique)

C – Diplomatie : sauvegarder le pluralisme et la liberté des opinions (liberté de conscience)

D – Militantisme, joie de transmettre une manière spécifiquement française de vivre ensemble : le choix de la laïcité est un élément essentiel de l’histoire et des racines françaises ; le pluralisme culturel de la France n’est plus à prouver !

 

ETAT DES LIEUX CRITIQUE * OÙ EN SOMMES-NOUS AUJOURD’HUI ?

La charte de la laïcité à l’école date de décembre 2013 : quelles modalités d’application ? A-t-elle été moteur de pratiques pédagogiques ?

Nouvelle loi promulguée le 15 mars 2004, mais sa mise en application n’a pas été suffisamment accompagnée. Or loi doit rimer avec dialogue, explication, application.

Là, dans les écoles, on est plutôt face à une laïcité d’abstention (neutralité) ; pas de valorisation de la laïcité comme une méthode (exercice d’une pensée libre, d’un jugement critique) et une éthique (effort personnel et intérieur pour mise à distance des préjugés, en ayant toujours à l’esprit comme horizon l’intérêt général de l’école et de la société, indépendamment de nos convictions et croyances personnelles).

Nouveau système d’actions en vigueur depuis septembre 2015

A – contexte : cohérence de l’impulsion républicaine depuis les attentats de janvier 2015 et forte attente des familles en la matière. La laïcité est une problématique sociale globale en France ; il faut se ré-armer. Le rôle des enseignants est majeur ; leur engagement est essentiel

B – objectif : insister sur le sens positif des valeurs, laïcité pour mieux vivre ensemble ; faire vivre la laïcité comme espace d’échanges, respect de l’altérité plutôt qu’interdire les signes religieux ostentatoires. Transmettre l’amour de la liberté !

QUELLES RESISTANCES, FREINS A LA TRANSMISSION DE LA LAICITE ?

1 – Les questions relatives à la laïcité peuvent être jugées trop sensibles par les enseignants, qui souhaitent préserver dans leurs classes une certaine sérénité nécessaire aux études. Or il est de la responsabilité des enseignants de prendre en compte l’altérité des valeurs et transmettre une culture républicaine commune à leurs élèves : « enseignement moral et civique » (EMC) en vigueur depuis la rentrée scolaire 2015. Ceci fait partie de l’éthique professionnelle des membres de l’Education Nationale.

L’enseignement moral et civique est intégré aux parcours citoyens mis en place dans les écoles. Peut-être trop dilué ?

2 – Difficile de « placer le curseur entre neutralité des agents publics (= professeurs) et liberté laissée aux usagers (= élèves) » pour aller vers l’autonomie des esprits à construire leur analyse raisonnée (développement d’un jugement critique).

3 – Lourdeur de la chaîne hiérarchique qui aboutit à « quand on n’est pas sûr de pouvoir autoriser, on interdit »

4 – A l’heure actuelle, l’éducation à la République est facultative dans les cursus de formation des enseignants, parcours de concours. Quelle culture professionnelle commune ? Suggestion : rendre obligatoire l’éducation républicaine dans les parcours de formation des enseignants, pour une universalité de l’enseignement à la République, création d’une culture professionnelle commune. Actuellement, des stages complémentaires sont proposés aux enseignants dans le cadre de la formation professionnelle continue. A noter, une belle initiative dans le Tarn : dispositif de formation incluant des dialogues interpersonnels avec tous les acteurs de l’école, tous les adultes travaillant en environnement scolaire.

5 – Quid de la culture religieuse des enseignants, i-e connaître les religions pour en discuter, animer une réflexion collective dans les classes ?

==> mieux connaître les religions pour valoriser une laïcité plus sûre d’elle-même : souhait de populariser les sciences religieuses.

==> le développement du savoir n’est pas incompatible avec la foi, mais il ne rend pas possible toutes les manières de croire. Exemple :

Grâce au savoir, on ne considère pas la Genèse comme un texte scientifique ; ce qui ne nous interdit pas de croire à l’intervention divine dans la Création

C – le principe du « fait religieux » est enseigné au collège en 5ème (programme histoire-géo)

 

EN CONCLUSION… À VENIR…

Aujourd’hui, la laïcité ne fait plus consensus : différents courants de pensées co-existent, jusqu’à un certain néo-conservatisme [sic]. Les intervenants l’affirment : « L’enjeu est de construire la culture laïque du 21ème siècle. »

… Concertons-nous ! 

« Je suis leader »… Une histoire transformationnelle


Être leader, devenir manager-leader, ne plus gérer à l’ancienne, prendre le lead, développer et asseoir notre leadership… On suit Peter Drucker sur le management effectif, on pirate le management avec Gary Hamel, on réinvente les organisations avec Frederic Laloux, on libère les potentiels humains avec Isaac Getz, Laurence Vanhee, on s’inspire des pratiques artistiques, militaires, sportives (arts martiaux, basket, danse, rugby,…) Et cætera, etc.

S’agit-il simplement de dépoussiérer les organisations pyramidales en simplifiant quelques processus organisationnels (sans revoir les circuits décisionnels), redorer le blason des autorités classiques en organisant des consultations publiques, maquiller d’anciennes figures managériales en les formant à la communication assertive ?

Non. Le besoin d’amélioration est profond. Trois constats :

1 – De nouvelles formes de pouvoir, décorrélées de toute considération statutaire, émergent en tous domaines, tous lieux ;

2 – L’autorité, si elle ne combine pas légitimité et crédibilité, est plus facilement remise en cause.

3 – Dans un monde VUCA (Volatility, Uncertainty, Complexity, Ambiguity), on mise sur l’intelligence collective ; il s’agit de la développer, la stimuler, l’orchestrer.

A LIRE pour mieux comprendre la problématique contemporaine, ce cahier de prospective (analyse en profondeur) sur le leadership et les  nouvelles expressions de pouvoir à l’ère numérique, issus d’ateliers de travail entre experts, chercheurs, entrepreneurs, salariés de grandes entreprises. Sous la direction de Carine Dartiguepeyrou.

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Pour une métamorphose numérique humaniste… Panorama d’inspirations progressistes, d’innovations positives


En 2001 (mémoire de fin d’études), je posais la question du progrès humain associé à l’intégration des technologies de l’information et de la communication dans les entreprises. Aujourd’hui on parle surtout d’innovations : innovation sociale, innovation technologique, innovation sociétale.

Le remplacement du mot « progrès » par « innovation » n’est ni neutre ni optimiste. Selon cet article Innovation & Strategy, il signifierait que « nous aurions renoncé à toute amélioration de la condition humaine vers le meilleur. » Une attitude très postmoderne…

Il est vrai que les clivages géo-écono-politico-socio-climato-culturels semblent s’amplifier ; protéiformes, ils sont visibles en tous domaines. On a vu couler les larmes de nombreux humanistes, consternés par l’échec des politiques, notamment le défaut d’application de chartes et traités internationaux édictés avec conviction et foi en un monde meilleur. Désenchantement.

Mais des voix s’élèvent…

Les plaidoyers récents de Stephan Hessel, Amin Maalouf, Edgar Morin sont magnifiques : en mettant l’actualité en perspective de l’Histoire, ils nous montrent, humbles, la voie du retour aux valeurs universelles, dénominateurs communs d’une humanité en redéfinition.

Malala Yousafzai, Prix Nobel de la Paix 2014, nous émeut et nous engage dans la lutte pour l’éducation des enfants, la scolarisation des filles en particulier.

Photo : Antonio Olmos

Photo : Antonio Olmos

Joseph Stiglitz, Prix Nobel d’Economie 2011, nous interpelle sur les inégalités croissantes dans nos sociétés occidentales, signes d’un modèle défaillant, et nous donne ce conseil : « Raise your voice ».

Michel Serres, enchanteur auteur des Cinq Sens nous recentre en 2012 sur nos pouces et nos connexions neuronales en nous présentant la Petite Poucette, « héroïne de la jeunesse à venir, incarnation de l’émancipation du savoir et de la politique via les nouvelles technologies ». En 2014, il nous offre Yeux, ode à la diversité des regards posés sur le monde, une invitation à percevoir les mille facettes d’une situation, étant entendu qu’on voit mieux avec notre cœur. En 2015, il nous conte l’histoire du Gaucher boiteux, toujours entre art et science.

Avec « Jugaad Innovation » et « From Smart to Wise« , Navi Radjou nous fait aimer l’innovation frugale : « faire mieux avec moins ».

Dans un autre domaine, mais on reconnaît une philosophie commune, Pierre Rabhi nous alerte sur les blessures de la Terre, mère nourricière, et prône des méthodes d’agriculture plus respectueuses de l’être humain et son environnement.

Joël de Rosnay, quant à lui, veut nous faire surfer la vie dans la société fluide. Il nous invite à « moins craindre l’intelligence artificielle que la stupidité naturelle » et nous emmène, en chœur avec Hervé Fischer, vers l’hyperhumanisme, « conscience augmentée, conscience collective, bien réelle, éthique, planétaire et active ». Gilles Babinet, auteur de « Big Data : penser l’homme et le monde autrement« , nous rappelle que « science sans conscience n’est que ruine de l’âme ». Il s’adresse aux citoyens numériques que nous sommes et nous explique, par exemple, que « les décisions administratives relatives à la gestion de nos données numériques ont un fort impact sur le design de nos vies. »

On retrouve un peu de tout ceci dans l’énergie phénoménale des mouvements citoyens « people & planet friendly » qui se développent partout dans le monde, et attestent de l’existence d’une « nouvelle conscience pour un monde en crise, civilisation de l’empathie » (Jérémy Rifkin).

« Es la hora de la gente », Podemos, en Espagne

Les idées humanistes et progressistes sont de plus en plus entendues, partagées, transposées dans différents contextes par des acteurs(-trices) citoyen(ne)s qui ressentent le besoin vital de faire bouger les lignes, innover de manière équitable, solidaire et responsable. Carine Dartiguepeyrou y voit une nouvelle philosophie, La nouvelle avantgarde, « une culture, communauté de valeurs et de quête, fruit d’une intuition collective qui rassemble des personnes de tous horizons autour d’un respect profond pour le vivant, de la conscience que nous ne connaissons qu’une part infime de l’univers. C’est, plus que tout, une vision poétique du monde et un espoir dans la capacité humaine à évoluer. »

L’innovation sociétale progresse de jour en jour, et profite de ce formidable outil qu’est Internet. Comme le titre cet article à la radicalité médusante « There is something extraordinary happening in the world« 

Dans le monde entrepreneurial, les mérites de la valorisation du capital humain sont de plus en plus perçus et vantés. L’humain est bien au cœur des Nouveaux Horizons RH, « l’humain et sa volonté de s’épanouir, de réaliser ses rêves dans un monde toujours plus global, complexe et incertain« , Alexandre Pachulski.

On comprend enfin l’intérêt de mieux gérer l’intelligence collective, si chère à Olivier Zara. Il conçoit d’ailleurs différents outils et méthodes permettant d’orchestrer les connaissances, mieux identifier et développer les talents, et asseoir une nouvelle légitimité managériale ; il invite aussi à faire confiance à l’intelligence situationnelle de chaque acteur.

Les mouvements de libération des entreprises (Brian M. Carney, Isaac Getz, Alexandre Gérard, Jean-Francois Zobrist, pour ne citer qu’eux) et du bonheur au travail (Laurence Vanhee et consorts) se développent. En marge des cyniques, égoïstes, geignards et autres pessimistes, ils dénotent un réel optimisme anthropologique : croire en l’être humain, lui faire confiance et alléger les circuits décisionnels et organisationnels des entreprises pour libérer les énergies, les savoirs, accroître le bien-être des femmes et des hommes (richesses des organisations), et ainsi garantir une performance durable. 

En France, l’entrepreneuriat social est en plein essor : écologiquement sain, il s’inscrit dans une logique profitable tant économiquement que socialement. « Les associations n’ont plus le monopole du cœur« , comme le dit si bien Emmanuel de Lutzel. L’entreprise Ticket For Change, qui forme les entrepreneurs (et intrapreneurs) sociaux puis accompagnent leurs projets dans tous secteurs, numérique intégré, est particulièrement impressionnante d’énergie et de pragmatisme : des jeunes pleins de notre avenir commun ! À consulter régulièrement, le blog de Nicolas Cordier regorge d’excellentes initiatives en la matière ; et on peut y apprécier cette citation d’Albert Camus :

Oui, il y a la beauté et les humiliés. Quelles que soient les difficultés de l’entreprise, je voudrais jamais n’être infidèle ni à l’une ni aux autres. Albert Camus

 

Histoire à continuer….

Forts de ces idées et voies d’actions, nous allons tous avancer dans nos réflexions personnelles, suivre notre voie, tracer notre chemin… Gardons les yeux ouverts sur les inventions positives, telles la prothèse intelligente Bionico-Hand ou le booster d’empathie The Machine To Be Another, présentées lors du séminaire « L’homme augmenté, l’humanité en quête de sens » à l’institut Mines-Telecom. Et espérons que les prochains événements organisés à l’UNESCO, notamment le Parlement des Entepreneurs d’avenir et COP21 nous donnent encore de belles pistes d’avenir. Gageons aussi que l’édition 2016 du Forum NetExplo, observatoire numérique de l’UNESCO, nous fasse découvrir d’autres innovations technologiques sources de progrès humain…

Peut-être en connaissez-vous déjà ? Je serai heureuse de découvrir de nouvelles idées, personnalités formidables, beaux projets, et autres inventions lumineuses en lisant vos commentaires.